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La Voie Naqshibandi

Centre HudayiLa Voie Naqshibandi

La voie Naqshibandi est l’une des quatre principales confréries soufies. Elle tire son nom de Bahâ’uddîn Naqshband (m. 1388), qui est considéré comme son Maître, bien que n’étant pas son initiateur. Yûsuf al-Hamadânî, né en 1140, et ‘Abd al-Khâliq al-Ghujdawânî, né en 1179, sont les fondateurs des principes de cette voie soufie.

Cette Tariqa tire sa chaîne initiatique (silsila) la reliant au Prophète Muhammed (pbsL) , de Abou Bakr As-Siddiq. Le Messager de Dieu (pbsL) a dit au sujet d’Abu Bakr dans un hadith rapportée par l’Imam Suyuti : « Tout ce que Dieu a mis dans ma poitrine je l’ai mis dans le cœur d’Abou Bakr ». Selon les maîtres Soufi Naqshbandi, cet héritage spirituel a été transmis à Abu Bakr de cœur à cœur lorsque les deux amis s’étaient réfugiés dans la grotte durant l’Hégire. Dans cette grotte, indique le Coran (Sourate 9 verset 40), descendit sur eux la Sakîna.

En son temps, la confrérie se prénommait Siddiqiyya, puis au temps d’Abû Yazid al-Bistami, elle s’est nommée at-Tayfuriyya. Puis sous Abdoul Khaliq al-Gujdawani jusqu’à Shah Naqshband elle s’est appelée Hajaganiyya.

Shah Naqshband, le maître de la voie Naqshbandi, eut plusieurs successeurs renommés, parmi lesquels Shaykh Alauddîn al-Attar et Muhammad Parsa, auteur de la Risâla Qudsiyya.

La Naqshbandiyya a répandu son influence de la Turquie à l’Inde, en passant par le Caucase et l’Asie centrale. C’est aujourd’hui l’une des principales confréries soufies du monde musulman.

Bahâ’uddin Naqshiband

Dès son jeune âge, Bahâ’uddin Naqshband montra des signes de particularités. A l’âge de dix-huit ans, il fut envoyé par son grand-père auprès de l’un des shaykhs de la tariqa, Muhammad Bâbâ as-Sammâsî, qui devint son maître. A la mort de celui-ci, il se maria et continua son instruction auprès de Sayyid Amîr Kulalî.

Mausolée de Bahauddin Naqshiband – Boukhara en Ouzbékistan

Après cela, il ressentit le besoin de s’écarter des affaires du monde. Ayant terminé son instruction, un cercle de disciples se forma autour de lui. Il prônait un style de vie mystique, austère et discret, affirmant « ce qui est apparent est pour le monde, ce qui est caché (intérieur) est pour Dieu ».

Shâh Naqshband encourageait également ses disciples à gagner leur vie « à la sueur de leur front » et à faire don aux indigents de ce qu’ils gagnaient. Lui-même vivait de façon particulièrement aisée, ne se nourrissant que de l’orge qu’il faisait pousser et invitant les pauvres à sa table.

Il mourut en 1388 et fut enterré dans son jardin, comme il l’avait souhaité. Il avait passé ses derniers jours dans sa chambre, où ses disciples lui rendaient visite et recevaient ses conseils.

Les 11 principes Naqshbandî

Les Naqshibandis pratiquent entre autres la muraqaba (méditation profonde et silencieuse), ils sont connus comme les « soufis silencieux » et pratiquent le « dhikr khafi» (invocation silencieuse). Le sohbat (conseils et enseignements spirituels prodigués par le précepteur à l’étudiant) a une place essentielle dans l’éducation spirituelle. En outre, les Naqshibandis accordent, comme beaucoup d’autres ordres soufis, une importance aux rêves et à leur interprétation.

La voie Naqshbandî est basée sur onze principes ou exercices. Les huit premiers ont été formulés par ‘Abd al-Khâliq al-Gujdawânî et les trois derniers, ajoutés par Bahâ’uddîn Naqshband :

  • Yâd kard (le souvenir ou « faire mention »), oralement et mentalement : consiste en la répétition constante du dhikr (invocations) qui nous a été attribué, afin d’atteindre la vision de la béatitude. Shâh Naqshband avait coutume de dire : « le but du dhikr est que le cœur ait toujours al-Haqq [Dieu] en conscience, car sa pratique bannit l’inattention (ghafla) ».
  • Bâz gasht (la contrainte ou retenue) : quand le dhâkir (celui qui pratique le dhikr), est en train de répéter le Tawhid – « La ilaha illallha », le fait d’y ajoute :

اِلٰهِى أَنْتَ مَقْصُود۪ى وَرِضَاكَ مَطْلُوب۪ى : « Mon Dieu, tu es mon but et ta satisfaction est mon but », afin d’éviter que ses pensées ne s’égarent. Cela a aussi un sens de retour à Dieu, de repentir.

  • Nigâh dâsht (la vigilance) : être vigilant vis-à-vis des pensées qui pourraient nous égarer, lorsque l’on répète le Tawhid.
  • Yâd dâsht (le souvenir) : se concentrer sur la présence divine dans un état d’extase et sous la présence divine.
  • Hôsh dar dam (conscience de la respiration) : il s’agit de la technique du contrôle de la respiration. L’on ne doit pas exhaler ou inhaler de façon négligente, sans y penser.
  • Safar dar watan (voyager vers sa patrie) : c’est un voyage intérieur, un mouvement allant des qualités blâmables vers des qualités louables. Certains le considèrent comme la révélation de la face cachée de la shahâda.
  • Nazar bar qadam (être attentif à l’endroit où l’on marche) : le sâlik (l’aspirant) doit toujours être attentif, lors de son voyage et quel que soit le pays qu’il traverse, à ce que son regard ne soit pas distrait du but de son voyage.
  • Khalwat dar anjuman (la solitude parmi la foule) : le voyage spirituel, bien qu’il se déroule en apparence dans le monde, est un voyage intérieur avec Dieu. Il est en outre conseillé de pratiquer le dhikr chaque semaine au sein d’une assemblée.
  • Wuqûf zamânî (la conscience du temps) : consiste à être conscient de la manière dont on passe notre temps : en restant sur la bonne voie, ou en s’en égarant. Dans ce dernier cas, l’on doit se repentir. Le mûrid doit analyser et évaluer ses actions à tous moments.
  • Wuqûf ‘adadî (la conscience des nombres) : compter le nombre de dhikr que l’on effectue, de sorte à empêcher les mauvaises pensées de nous envahir et à accomplir le plus délicatement possible la répétition prescrite par le Maître.
  • Wuqûf qalbî (la conscience du cœur) : cela consiste à diriger son cœur vers la présence divine uniquement, à ressentir et visualiser chaque pensée et inspiration, bonne et mauvaise, alternant entre la lumière et l’obscurité à l’intérieur du cœur. Le dhikr est en effet prescrit dans le but de contrôler et éviter les turbulences du cœur.

La Silsila

Elle correspond à la chaîne reliant les maîtres spirituels jusqu’au Messager de Dieu. Ce lien n’est pas physique mais spirituel.

Le lien spirituel est plus proche, plus fort que le lien de sang, parce que l’âme constitue la réalité de l’individu. L’homme existe parce qu’il possède une âme. Par ailleurs, le Guide spirituel est un guide permanent, justement parce que les âmes sont liées, indépendamment du temps et de l’espace. C’est pourquoi l’action de s’attacher à un guide spirituel est primordial et respecter ses enseignements est primordial pour pouvoir adorer Dieu dans les meilleures conditions possibles.

Sources : La Chaine d’Or – Osman Nûri Topbaş